Tunisie: quelle exactitude aux sondages d’opinion des législatives de 2014?

62014231440258

Tunisia-Media-Monitor – Le parti de Nida Tounes, l’un des favoris aux élections législatives en Tunisie, s’est dit confiant dans sa victoire aux législatives de dimanche 26 octobre, sans attendre les résultats officiels du scrutin.

L’instance organisant les élections (ISIE) pourrait annoncer de premiers résultats partiels aujourd’hui, mais elle a jusqu’au 30 octobre pour prononcer son verdict définitif.

Le parti Nida Tounes a organisé avant hier soir, dès la fermeture des bureaux de vote, une conférence de presse pour annoncer une victoire attendue. Quelques heures plus tard, Hassan Zargouni, statisticien et président de Sigma Conseil, a annoncé sur le plateau d’Alhiwar Ettounsi les premiers résultats statistiques des élections sur des bases d’échantillonnage. Des résultats qui ont proclamé la victoire de Nida Tounes avec 37% des voix.

Le parti Ennahdha, qui a eu le même pourcentage aux élections de 2011 est cette fois-ci classé deuxième avec 26% des voix, toujours selon Sigma Conseil. Les révélations statistiques de Zargouni ont fait réagir différemment les tunisiens entre ceux qui les approuvent et ceux qui en doutent. Surtout que l’instance des élections n’a pas encore dit son mot et que les bulletins de vote demeurent dans les urnes.

L’ISIE, a appelé, dans un point de presse avant hier, juste après la fermeture des centres et bureaux de vote à ne pas violer le silence électoral et à ne plus donner aucun résultat ni statistique, jusqu’à ce que le dépouillement soit terminé. Cependant, des médias, notamment Al Wataniya 1 et Alhiwar Ettounsi, et les sociétés de sondage d’opinion, ont tous insisté à agir autrement en bravant les lois électorales et en violant le silence électoral qui n’a pris réellement fin qu’à 2 heures du matin. L’ISIE en déposerait plainte contre les chaînes Tv et les sociétés de sondage d’opinion Sigma Conseil et 3C.

Quelle justesse dans les résultats d’échantillonnage?

Zorgani, président de Sigma Conseil, s’est montré confiant et sûr de ses chiffres. Il en a été ferme que les deux premiers rangs sont d’une exactitude indubitable sans marge d’erreur. Cependant il s’est montré plus tolérant en ce qui concerne le 3ème et le 4ème rang réservés pour le Front Populaire et l’Union Patriotique Libre.

Il a insisté pour démontrer la fiabilité de ses statistiques sur le fait que l’échantillonnage s’est fait «à la sortie des urnes» devant les bureaux de votes dans 160 point électoral. Voire plus de 5000 bureaux parmi les 11750 dans toutes les régions tunisiennes.

Malgré toutes les réserves de la chaîne Alhiwar Ettounsi en annonçant des résultats qui ont quasiment renversé la carte politique actuelle, les facebookers, activistes, acteurs politiques et autres, ont tous hésité à y croire en versant des propos et réactions contestataires.

Pourquoi défier les lois électorales?

Le viol du silence électoral demeure énigmatique. Les médias tunisiens ne s’en embarrassaient point, notamment Alhiwar Ettounsi. Ce viol n’est pas cependant gratuit ni innocent, ont-ils réagi la plupart des facebookers et activistes. Pourquoi ces chaînes et sociétés de sondage d’opinion ont défié les lois électorales et ont ignoré les appels de l’ISIE? La réponse venait de la part des hommes de média qui ont été présents sur le plateau. Pour eux, l’affaire était plutôt politique, loin de toute statistique et tout sondage d’opinion non scientifique. Et loin, de l’autre part, de toute loi ou morale ou éthique. L’important était purement idéologique à dimensions politiques!

Facebook Comments