La crise économique en Tunisie : crise passagère ou prémices de la faillite du pays?

devise tunisienne

Tunisia-Media-Monitor – Plusieurs experts en économie ont signalé le biais des

médias le danger l’impact de la profonde crise politique que la Tunisie a traversé sur l’économie nationale notamment sur le plan de l’équilibre budgétaire.

Ils ont également mentionné la possibilité que le gouvernement ait des difficultés à verser les salaires des fonctionnaires pour les prochains mois et que le déficit budgétaire soit d’autant plus important.

Certains d’entre eux sont même allés jusqu’à dire que la Tunisie est sur le point de  déclarer faillite. Cette crise est-elle passagère ou peut-elle mener jusqu’à la faillite ? Est-ce qu’un État a déjà fait faillite à travers l’histoire ?

Existe-t-il un État qui a déclaré faillite dans le monde? Pourquoi de nombreux pays ont-ils rencontré des difficultés économiques et fait face à de grandes crises, à des guerres civiles, à des catastrophes naturelles et à un manque de liquidité sans qu’ils soient pour autant en faillite ? Jetons un coup d’œil sur les indicateurs économiques de la Tunisie : sont-ils désastreux ou représentent-ils des résultats rassurants ?

 dinars-tunisien

*La Tunisie a atteint un pourcentage de 3,6 de développement économique à la fin de l’année 2012 et de 2,8 de développement durant les 9 premiers mois de l’année 2013 alors qu’il était de -2,2% en 2011.

*Réduction du taux de chômage de 18,9% à la fin de 2011 à 15,7 au mois de septembre 2013 avec un taux élevé chômeurs diplômés des  universités et qui est estimé à 33,5% à la fin du mois de septembre 2013. Ce taux est approximativement le même taux d’avant la révolution mais avec une nouvelle donnée qui entre en ligne de compte : plus de chômeurs diplômés s’inscrivent aux bureaux de l’emploi alors que cette était réticente à le faire avant la révolution.

*On a enregistré une évolution positive de 4,9% sur les exportations (3,9% en 2012) durant les 10 premiers mois de l’année 2013 et de 3,4% sur les importations (13,2% en 2012). Le taux de couverture a également augmenté d’un point en comparaison avec 2012 atteignant 69,8%.

*La réduction du taux d’inflation durant les trois derniers mois jusqu’à 5,8 au mois d’octobre 2013 qui reste un taux très élevé ayant un impact négatif sur le pouvoir d’achat du citoyen tunisien.

*L’augmentation des revenus du tourisme jusqu’à 2955,5 millions de dinars à la fin du mois d’octobre 2013 et qui était estimé à 2897,8 millions de dinars à la même période de l’année dernière.

*Les réserves en devises ont augmenté jusqu’à 11639,7 millions de dinars au 27 novembre 2013 alors qu’ils étaient estimés à 9762,5 millions de dinars à la même date en 2012. Parallèlement, le nombre de jours d’importation a atteint 107 jours le 27 novembre 2013 alors qu’il était de 94 jours à la même période en 2012 réalisant ainsi une augmentation de 13 jours malgré la baisse de la valeur de la monnaie tunisienne en comparaison avec le dollar et l’euro, tout en sachant que le seuil minimal de cet indicateur ne doit pas être inférieur à 90 jours d’importation.

*La dégradation de la notation de la Tunisie de la part de l’agence de notation financière « Moody’s » jusqu’à Ba3 avec perspectives négatives, ce qui représente un indicateur négatif pour la Tunisie dans la mesure où elle aura plus de difficultés à trouver des prêteurs sur le marché international ayant été classée parmi les pays à haut risque. L’agence a expliqué dans un rapport qu’elle a rédigé que cette dégradation est due à la situation d’incertitude politique et de clivage qui règnent sur le pays depuis la révolution du 14 janvier 2011 et qui ont augmenté à cause de la lenteur du rythme du dialogue national en plus de la détérioration de la situation sécuritaire.

Toutes ces données et tous ces chiffres prouvent que la Tunisie passe par une crise passagère dont les causes sont politiques et non purement économiques. Quant au fait de parler de faillite, cela ne dépasse pas le simple hululement médiatique. C’est pour cela qu’il faut impérativement arriver à un consensus politique pour sortir de cette crise et pour établir une feuille de route définitive qui fixe une date officielle pour les prochaines élections et surtout pour terminer la constitution.

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